Soudain ses genoux fléchirent, et Catherine tomba face contre terre. Dans sa main droite le quart d'une bouteille de whisky, dans la gauche une cigarette à peine consummé. La jeune fille âgée d'une quinzaine d'années, s'allonga sur le dos, et finit la bouteille d'une trait. Elle termina sa clope, et laissa rouler le récipient maintenant vide jusqu'au lac, où une fois dans l'eau, il se mit à flotter. Des larmes commencèrent à couler le long de ses joues. Elle rampa et atteignit le rebord du lac. Tout ce que Catherine, où plutot ce dont son esprit embué se souvenait, c'est qu'elle n'avait jamais apprit à nager. Elle laissa glisser son corps lentement dans l'eau sombre et profonde. Puis se fut le grand plongeons. Un éclair de lucidité l'envahit. Elle allait mourir! L'eau pénétrait en elle, par toutes les voix respiratoires, elle frôlait sa peau, l'éttoufait... Il n'y avait rien à faire, Catherine avait beau ce débattre, elle sombrait peu à peu mais de plus en plus, vers sa fin. Alors elle se posa une question: « Qu'est ce qui m'a poussé à mourir? Est ce la vie? Est ce l'alcool? L'argent? L'AMOUR? »
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Ce matin là, Catherine se leva à six heure, un peu plus tôt qu'a l'ordinaire. Le soleil du sud pénétrait déjà dans sa chambre, et donnait ainsi à la piéce un atmosphére chaleureux, donnant l'impression d'être dans une bulle. La violente dispute et les coups que lui avait asséné son père la veille, lui donna d'affreuses douleurs au réveil. Elle partit à pas lent mais assurés dans la salle de bain. Ce qu'elle vit dans le miroir de celle-ci la fit sursauter. Sur son visage bléme, un bleu noirâtre s'était imposé. C'était la première fois que son visage était marqué par la violence de son père. Elle ne put camoufler la marque du délit avec quelque maquillage que se soit, la pommette était beaucoup trop sensible. Elle se contenta de détacher ses cheveux bruns et de maquiller ses yeux noirs.
Dans le train, elle trouva une excuse à peine potable, pour expliquer au curieux les raisons de son ématome. Puis elle partit loin dans ses pensées. Les gens qui l'entouraient dans le wagon lui paraissaient ridicules. Et pourtant, ils l'intriguaient. Elle aimait les observer, les épier. Il lui arrivait de croiser leurs regards, elle le soutenait, pour se prouver à elle même qu'elle possédait une force. Aujourd'hui pourtant, elle se contentait de regarder furtivement, elle soutenait rien ni personne, mais se contentait de cacher son visage, puisqu'il n'était capable de ne montrer que sa faiblesse. Catherine avait honte. Tous ces ématomes lui faisaient honte, celui qu'elle portait sur son visage en particulier. C'était pour elle égal au fait qu'un tueur se balade avec les mains tachées du sang de sa victimes. Les autres aussi lui faisaient honte, mais les autres s'étaient différents, ils ne se voyaient pas. Personne ne pouvait savoir qu'ils étaient là. Celui-ci, était une preuve accablante de son crime, celui d'être là, et de déplaire.Dans les yeux de son géniteur, et cela depuis maintenant cinq ans, elle ne voyait plus qu'une haine dévorante et destructrice, ces yeux noir semblaient être dégouté à chaque regard posé sur elle. Comme si, elle était sale.
Le train s'arrêta, la jeune fille abandonna ses rêveries. Elle descendit de l'automotrice puis elle continua sa course folle. Elle s'alluma une cigarette. Il était sept heure trente-huit quand elle rejoignit ses amis. Il y avait Martin, le meilleur ami de Catherine, un grand, brun, les cheveux mi-long, les yeux verts, et la mou un peu boudeuse; le petit petit frère de celui ci, taillé de la même manière, mais dans un style loveur et non rock; et puis un peu à l'écart, Justine, une jeune fille, avec un visage félin et de grands yeux bleus. Martin s'approcha d'elle pour lui faire la bise. Il s'y prit gauchement et lui asséna un coup, elle ne put retenir un petit cri de douleur. A partir de ce moment-là, les questions fusèrent: « Qui est ce qui t'a fait ça? », « Tu t'es battu? »... Elle récita son excuse bidon, comme si elle récitait une poésie par coeur: « Nan, rien de tout ça! Vous savez à quel point je suis maladroite et bien, j'ai un peu honte de le dire, mais je me suis pris les pieds dans un tapis et, ma joue est allée s'exploser contre la table basse. ». L'auditoire se mit à rire des mésaventures de la menteuse, mise à par Martin, qui lui savait. De toutes manières, Martin savait tout. Il était devenu impossible à Catherine de lui mentir. Il anticipait chacune de ses réactions et, connaissait toutes ses expressions. Sa lui permettait d'être consolé, il était là pour elle et, elle le savait très bien.
Les cours commencèrent à huit heure quinze, dans un ennui des plus total, bâillement et sommeil étaient au rendez-vous. Certains professeurs ne purent s'empêcher d'être curieux et, la questionnaire sur les raisons de bleu, certains lorsqu'elle expliquait, se mirent à rire, d'autre ossèrent les épaules...
Seule son enseignante d'allemand ne prit pas sa à la légère. C'est une femme d'environ 1métre 70, filiforme, âgée d'une trentaine d'années peut-être plus, ses cheveux bruns lui tombaient jusqu'aux épaules. Elle possédait un visage allongé avec deux joues rondes, ses yeux étaient d'un vert profond, pas toujours tendre, ceux-ci soulignés d'un trait d'eye-liner noir. Le nez était long, mais ni laid ni disgracieux, deux rides s'étaient discrétemments formées jusqu'à sa bouche pincée. Le visage était prolongé par un menton en galoche. Rien, n'était radieux chez cette femme, son caractère lui-même pouvait faire fuir, mais Catherine trouvait le tout harmonieux. Elle lui trouvait un charme.
Des longs doigts de Madame Leroy sortit un claquement sonore,
_ Moi aussi Lorsque j'avais ton âge, je me cognais bêtement contre des tables ou, je prenais des portes. Mais le probléme, c'est que la réalité était tout autre, mon père me battait. Il faut à tout prix que tu te fasses aider!
Catherine avait eu un moment de faiblesse et avait écouté bouche bée. C'est pleine de rancoeur, qu'elle reprit ses esprits,
_ Je suis désolé de ce qui vous êtes arrivée, mais il vaudrait mieux que vous ne confondiez pas entre un simple accident maladroit et une fille battu!
_ Je ne confonds pas, j'en suis certaine. D'ailleur, tu devrais poser une escalope dessus, ça ferait dégonfler le tout et la douleur s'atténura. Je te laisse mon numéro de portable au cas où tu aurais un souci. D'après ce que j'ai crus comprendre tu prends le train pour rentrer chez toi.
_ Oui et alors?
_ Dans ce cas, rendez-vous à la terrasse de Chez Mari. Tu sais le café à l'angle de la rue...
_ Oui c'est bon, je sais. Je connais la ville comme ma poche! Je ne vois pas vraiment l'intérêt de ce rendez-vous, mais je serais présente.
Madame Leroy tendit à Catherine un petit bout de papier sur lequel était inscrit son numéro. La jeune fille ne savait pas comment faire, le prendre c'était avouer que son père sortait de ses retranchements un peu plus que de raison, ne pas le prendre c'était refuser l'aide extérieure. Elle finit par le prendre après une longue hésitation.